BART nous raconte Victor HuGOAT : N°1 du rap français
BART nous raconte Victor HuGOAT : N°1 du rap français
Peux-tu te présenter en quelques mots et nous raconter ton parcours ?
Je suis BART, auteur, comédien et rappeur. J'ai grandi à Paris, puis j'ai fait une école de commerce, avant de poursuivre mon rêve d'ado : la scène ! Je suis rentré au Cours Florent, dont je suis sorti il y a cinq ans. Depuis, je suis actif au théâtre et sur les plateformes de streaming
Peux-tu nous présenter "Victor Hugoat" et nous raconter comment est née l'idée de ce spectacle ?
« Victor HuGOAT : N°1 Du Rap Français", c'est 1h15 sur la vie de Victor Hugo avec un mélange de rap live, de one man show et de seul-en-scène de théâtre où j'interprète plusieurs personnages. L'idée vient d'un EP de rap que j'ai réalisé quand j'étais encore étudiant au Cours Florent : chaque chanson racontait la vie d'un auteur classique. Racine, Hugo, George Sand, Rousseau, Rimbaud. Puis j'ai voulu en faire un spectacle. Il fallait me concentrer sur un seul auteur. Le plus connu, la vie la plus incroyable : Victor Hugo, le V !
À quoi doit-on s'attendre en venant voir ton spectacle ? Quel univers proposes-tu au public ?
Il faut s'attendre, je l'espère, à apprendre des choses sur Victor Hugo, sur le XIXème siècle, mais aussi sur le rap et la composition des instrumentales. Il faut s'attendre, je l'espère, à rire et à être ému ! C'est un spectacle conçu pour tous les âges, dans la salle j'ai vraiment des gens de 12 à 90 ans et je crois que chacun y trouve son compte.
Tu as présenté une première version du spectacle lors des planches de l'ICART. Qu'est-ce qui a évolué depuis cette première représentation jusqu'à la version que tu joues aujourd'hui ?
Beaucoup beaucoup de choses ! Le concept reste le même bien sûr, mais on a beaucoup modifié l'écriture (deux ans après, on continue encore à le faire!), pour sans cesse rendre le spectacle plus clair, plus drôle, et plus fort. Sans parler du costume et des musiques qui sont complètement différents !
Tu défends l'idée que Victor Hugo serait l'un des meilleurs rappeurs s'il était encore vivant aujourd'hui. Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
Pour être honnête, c'est plus une accroche que la thèse réelle du spectacle ! Mais si je devais la défendre, je dirais qu'il y a deux éléments principaux :
1. Il a eu une vie de rappeur ! Sa vie coche les 5 F ! Les fameux ! Ce sont les 5 piliers thématiques des rappeurs français, que j’invente pour le spectacle bien sûr. Fric (il est mort très riche), Fame (l’un des hommes les plus connus de son temps mondialement), Femmes (il enchainait les conquêtes), Fougue (son engagement politique!), Fight (ses clashs mémorables, notamment avec Napoléon III ).
2. On a tendance à l'oublier, mais il était un révolutionnaire de la langue dans sa jeunesse ! Il était le chef de file des romantiques ! "La langue n'est pas fixée et ne se fixera point. Une langue ne se fixe pas. L'esprit humain est en marche et les langues avec lui. ». Il aurait été très attentif à cette nouveauté linguistique qu'est le rap !
Comment as-tu travaillé pour faire dialoguer la littérature classique et les codes du rap ?
C'était très important que ça puisse parler à tout le monde ! Avec Grégoire, mon ami co-auteur et metteur-en-scène du spectacle, on passait notre temps à se demander : « Est-ce que c'est assez accessible ? Est-ce que ma grand-mère pourrait comprendre l'intérêt de ce style de rap ? Est-ce que mon petit frère pourrait trouver intéressant ce passage sur la souplesse des alexandrins ?". Concernant le lien entre littérature classique et rap, il ne fallait surtout rien forcer. Ne pas faire de ponts artificiels entre les deux univers. Se concentrer sur ce qui les unit : la musicalité de la langue, les thèmes éternels, la célébrité de leurs auteurs.
Qu'aimerais-tu que le public retienne en sortant du spectacle ?
J'aimerais qu'il retienne quelques trucs sur la vie d'Hugo, et quelques trucs sur le rap. Mais surtout, j'aimerais qu'il sorte avec l'idée qu'il faut éviter de juger trop vite, qu'il faut rester curieux et ouvert, même à des styles qu'a priori on aime moins. Par exemple, beaucoup de personnes (souvent les plus âgées..) viennent me voir à la sortie : « Quand j'ai vu RAP sur l'affiche, je suis venu à reculons, c'est vraiment pas mon truc. Et bien vous m'avez fait changer d'avis ! Je vais peut-être pas écouter du Booba tout de suite, mais je comprends mieux l'intérêt ! ». C'est le plus gratifiant !